Recherche en Sciences de l'Éducation

Les enseignants chercheurs du département Sciences de l'Éducation sont membres du LIRDEF (Laboratoire Interdisciplinaire de Recherche en Didactique, Éducation et Formation) et travaillent dans les équipes "Travail, Formation et Développement  (TFD)"  et "Didactique et Socialisation (DS)".

Equipe Travail Formation & Développement (TFD)

Enseignants-chercheurs de l’UPV:

Les recherches de l’équipe TFD sont focalisées sur l’analyse des apprentissages (scolaires ou professionnels), du travail, de l’activité en formation et du développement professionnel. Ces recherches réalisées dans différents domaines professionnels (l’éducation, l’enseignement, la santé, le sport, le social) ont pour point commun d’accorder une place centrale au point de vue des acteurs et aux situations qui se co-définissent. Elles cherchent a) à rendre en compte de l’autonomie des acteurs dans les situations de travail et de formation, b) à re-construire l’activité des acteurs sur des empans temporels plus ou moins long à partir des contraintes de l’environnement, mais aussi des préoccupations, des significations, des connaissances propres aux acteurs, c) à concevoir des situations pédagogiques et/ou de formation qui tiennent compte de cette autonomie, en s’appuyant sur elle plutôt qu’avoir à devoir lutter contre elle.

Considérant les situations de professionnelles et de formation comme des activités complexes, nous les analysons à partir d’approches compréhensives dans leurs contextes temporels (historique, philosophique, organisationnel, etc.) et/ou spatiaux (le lieu de travail, l’établissement ou l’institution et les différents échelons territoriaux). Pour enrichir la compréhension de cette complexité, nous cherchons également à combiner en tant que de besoins diverses épistémologies entre elles telles que celles des sciences du travail, des sciences de l’apprentissage, des sciences sociales, des sciences politiques et des sciences de l’éducation. Par ailleurs, une partie importante de ces recherches sont dites technologiques c’est-à-dire qu’elles articulent d’emblée une visée transformative (e.g. l’amélioration des dispositifs de formation et/ou la conception d’artefacts) à la visée épistémique. L’organisation actuelle de l’équipe TFD est structurée autour de quatre axes : environnements simulateurs de travail ; mutations institutionnelles et transitions professionnelles ; inégalités d’éducation et rôle des socialisations familiales ; situations d’apprentissage instrumentées technologiquement.

Les enseignants-chercheurs de l’UPV appartenant à TFD sont davantage mobilisés autour des problématiques de l’axe 2  

Mutations, identités professionnelles, professionnalisation

Ce deuxième axe s’intéresse aux processus de socialisation, de professionnalisation, de constructions identitaires réinterrogés au regard des mutations des systèmes d’enseignement, d’éducation et de formation. Ces mutations institutionnelles, liées aux politiques éducatives et de formation actuelles (nationales et internationales) entraînent inévitablement des effets sur le rapport au travail et sur les dynamiques identitaires des acteurs de ces systèmes.

Cet axe intègre des approches portant sur les logiques à l’œuvre dans les processus de professionnalisation des individus, des activités et des organisations, que ces logiques découlent d'orientations politiques ou idéologiques, de transformations des cultures professionnelles ou organisationnelles ou qu'elles résultent de choix de significations, de représentations de soi et d'orientations axiologiques, de la part de sujets actifs en recherche d'autonomie individuelle et/ou collective.

Par ailleurs, cet axe s’intéresse aux logiques repérables du côté des publics visés par ces systèmes d’éducation et de formation et dont les demandes identitaires, culturelles, participatives, collectives traversent le champ éducatif, sanitaire et social.

Enfin, ces mutations obligent les acteurs à reconfigurer les problématiques de la justice. Traditionnellement formulées en termes de neutralité et d’impartialité, et orientées par le refus de prendre en considération les singularités et les individualités (au prétexte de l’égalité des chances), elles s’ouvrent aujourd’hui, au contraire, à ces dimensions en cherchant à faire sa place à l’obligation d’accueillir l’autre, aussi inconditionnellement que possible, dans sa différence et de lui ménager des espaces de reconnaissance.  

Equipe Didactique et Socialisation (DS)

Enseignants-chercheurs de l’UPV :

L'équipe DS poursuit l’étude des conditions permettant à la pensée scientifique de demeurer dynamique et en construction, abordée depuis 1991 par Daniel Favre. Le problème de la compréhension de la nature complexe du réel, en particulier pour la biologie qui se trouve au carrefour de nombreuses disciplines, renforce l’intérêt d’étudier des liens épistémologiques et didactiques qui peuvent exister lorsque l’on aborde des approches interdisciplinaires comme l’éducation à la santé, à l’environnement. Cette étude des liens permet d’aborder de manière originale la nature complexe de la réalité mise en lumière et/ou construite par l’activité scientifique dans son double registre individuel/collectif.

La reconnaissance de cette complexité implique d’étudier les conditions du cycle construction/déconstruction des connaissances et, ainsi, le rôle des interactions sociales à résonance affective qui pourraient ou non la favoriser. L’étude de la dimension affective de l’apprentissage, en lien avec les postures épistémiques engagées dans la stabilisation des connaissances et dans leur déstabilisation, apparaît nécessaire et pertinente quand on observe les démarches des apprenants, quand on examine l’élaboration des savoirs par la communauté scientifique et quand on cherche à former des enseignants aptes à optimiser le fonctionnement d’une classe dans le domaine des apprentissages et celui de la socialisation.

La recherche en didactique, initialement centrée sur la transmission des objets de savoirs complexes en biologie, se développe en intégrant l’étude de l’impact de la dimension affective dans l’enseignement et dans l’apprentissage de la biologie.

La dimension affective devient ainsi un objet de recherche qui peut s’appliquer à la didactique de la biologie mais aussi, comme nous le montrons depuis 1994, à l’étude des liens qui existent entre l’apprentissage et la violence à l’école.